Robots et Drones : des machines au service des humains contre le Coronavirus

Posté dans Actualités,Marché,Réglementation on mars 31, 2020

Dans ces circonstances où l’être humain est à la fois la victime et le principal moyen de transport d’un virus mondial et mortel, la question d’une utilisation accrue des machines (drones et robots) pour gérer la situation se pose avec plus d’acuité. Les évolutions sociales, économiques et technologiques que va entraîner cette crise inédite et majeure ne sont pas encore écrites, mais il semble raisonnable de prévoir que la robotisation va progresser fortement du fait du Coronavirus. Les premiers retours d’expérience, en Chine notamment, montrent en effet que la lutte contre le virus a été largement fondée sur des solutions technologiques, et que la plupart de ces solutions sont reprises dans le monde entier.

Les robots et les drones sont dans cette situation d’un précieux secours pour les humains. Ces machines nous permettent de remplir les tâches indispensables et salvatrices que nous avons abandonnées du fait de leur caractère répétitif et dangereux, et des nécessités de la distanciation sociale.

 

Les technologies de la robotisation sont déjà opérationnelles pour des usages simples.

Les technologies liées à la conception des robots et des drones ont atteint un niveau de maturité suffisant pour que ces systèmes soient maintenant produits et utilisés de manière industrielle. Les progrès de l’intelligence embarquée et de l’intelligence artificielle, permettent de fabriquer des systèmes fiables, dont la navigation est quasiment autonome lorsque leur environnement d’évolution et leurs missions sont simples.

Les robots mobiles permettent désormais de réaliser la majeure partie des opérations internes de nombreux entrepôts et plateformes logistiques. Ils ont considérablement allégé les tâches initialement dédiées aux opérateurs humains en générant des gains importants en qualité, en productivité et en sécurité. Les perspectives de voir ces robots œuvrer dans notre environnement immédiat (notamment pour le transport de denrées en zone urbaine entre les sites d’achats et les habitations), sont déjà en expérimentation dans plusieurs villes dans le monde.

L’usage professionnel des drones est, grâce à leurs capacités de mobilité, de collecte d’informations, voire de transport logistique, devenu quotidien. Ainsi, de nombreuses opérations d’inspection, de cartographie ou de surveillance sont-elles systématiquement confiées à des drones dont l’automatisation va croissant. Dans des environnements aéroterrestres simples (sites clôturés où la densité de population est faible et contrôlée), l’utilisation de drones hautement automatisés est en train de révolutionner les activités de surveillance. Dans les villes,  de nombreuses forces de police appuient d’ores et déjà leur action à l’aide de drones. 

Dans ces nouvelles opérations, l’humain reste donc pleinement responsable de la sécurité et du résultat de sa mission, mais il est non seulement augmenté dans ses capacités, mais aussi passé d’une position « dans la boucle » à celle « sur la boucle », avec des tâches de supervision qui remplacent les tâches d’exécution.

Drone autonome Skeyetech en misison de surveillance sur un site sensibleDrone autonome Skeyetech en mission de surveillance sur un site sensible (Source : Azur Drones)

 

La crise du Coronavirus fait basculer la vision opérationnelle vers un usage très accru des drones et robots.

Les nécessités opérationnelles immédiates de la crise du Covid-19 peuvent être ainsi résumées : il faut d’une part pouvoir détecter des situations anormales et d’autre part pouvoir agir face à ces situations, tout en limitant au maximum les interactions entre êtres humains et en effectuant des tâches de fond (surveillance, désinfection…).

Drone utilisé par les forces de l'ordre françaises pendant l'épisode de Coronavirus en mars 2019 (Source : AFP)Drone utilisé par les forces de l’ordre françaises pendant l’épisode de Covid-19 de mars 2020 (Source : AFP)

Outils par définition non sensibles au virus (quoique pouvant malgré tout le transporter), les drones et les robots participent de facto à la création d’une distanciation sociale entre leurs opérateurs et les autres êtres humains. Dans le cadre des mesures de confinement sanitaire qui ont été décidées par de nombreux pays, les drones sont utilisés pour détecter des rassemblements non autorisés de personnes ou pour mesurer à distance des températures. La mobilité et la souplesse d’emploi de ces drones rend la mission des forces de l’ordre plus simple, tout en leur évitant tout contact rapproché avec la population. Au vu du volume de travail à accomplir, et de la répétition des tâches, ce nouvel outil aérien est plébiscité par les forces de sécurité.

Depuis que certains de ces drones ont été équipés de charges utiles adaptées à la situation (caméra thermique permettant de relever des températures corporelles à une distance de quelques mètres, haut-parleur permettant de diffuser des messages à la population…), ils sont devenus des outils polyvalents de gestion de cette crise sanitaire.

Sur le plan logistique, nous observons durant la crise du Coronavirus que le seul fait d’aller faire ses courses alimentaires contribue à l’aggravation de la situation sanitaire. Ainsi avons-nous vu exploser le nombre de services de livraison à domicile qui ont l’avantage de limiter les situations de proximité humaine, et il semble que cette solution du « Drive » ait été la seule utilisable dans les zones totalement confinées en Chine. Même s’il n’est pas réglementairement possible d’envisager aujourd’hui des livraisons totalement automatisées par drones ou robots, le transport de produits à haute valeur ajoutée (échantillons médicaux, organes,…) a déjà débuté à titre expérimental dans plusieurs pays.

Sur le plan purement sanitaire enfin, l’utilisation de drones et de robots pour répandre des produits désinfectants a déjà été largement expérimentée en Chine, et semble promise à un bel avenir du fait du caractère ingrat et répétitif de cette activité.

Nous le constatons, les bases technologiques et opérationnelles pour une utilisation accrue des drones et robots, sont en place, et « l’effet Coronavirus » va être un accélérateur très important de ces évolutions.

 

Avec le Coronavirus, les barrières réglementaires pour les drones peuvent être considérablement abaissées, et elles le sont aujourd’hui !

Sur le plan réglementaire, les textes actuels décrivent les conditions d’utilisation acceptables des drones au vu des risques prévisibles de cette utilisation. Il s’agit donc de situations où le risque de collision avec une personne au sol, ou un autre aéronef, est jugé admissible car très faible. Ainsi, il n’est pas surprenant que l’utilisation de drones dans les zones urbaines soit, du fait de la forte densité de population, limité à des vols à vue du télépilote. De même, les vols de drones dans les espaces aériens contrôlés (à proximité des aéroports) sont strictement encadrés par les autorités de gestion de ces espaces aériens.

Mais que dire de ces règles lorsque la densité de population dans les rues devient epsilonesque, et que la plupart des avions sont cloués au sol ? Les forces de sécurité de nombreux pays n’ont pas hésité, au vu des enjeux de la lutte contre le Coronavirus, et après discussions avec les autorités de leur aviation civile, à étendre le périmètre de leurs opérations car l’analyse des risques a considérablement évolué depuis la mise en place du confinement.

 

Drone au dessus de la promenade des anglais déserte, à Nice, pendant l'épisode de Coronaviurus de mars 2019 (Source : AFP) Drone au dessus de la promenade des anglais déserte, à Nice, pendant l’épisode de Coronaviurus de mars 2020 (Source : AFP) 

L’acceptation sociétale de ces nouveaux outils reste hétérogène selon les âges, pays, cultures.

Reste un point fondamental sur lequel les discussions ne font que débuter : comment nous, citoyens, acceptons l’arrivée de ces machines dans notre quotidien dans cette situation particulière ? La réponse n’est pas évidente car elle dépend à la fois de notre intérêt pour les nouvelles technologies et de notre sensibilité à la notion de respect de la vie privée. Force est de constater que l’acceptation des drones et robots a été peu discutée en Chine, et qu’elle le sera beaucoup plus en Europe. La Commission Européenne a d’ailleurs insisté sur le fait que la mise en place de la future réglementation européenne concernant les drones s’appuie sur une sensibilisation des bienfaits de ces technologies, et de garanties de leur respect des exigences liées au traitement des données personnelles. Il semble donc essentiel que les expérimentations qui sont actuellement faites avec drones et robots au sein des populations soient accompagnées d’explications pédagogiques pour mettre en avant la plus-value de ces machines et rassurer quant à la déontologie de leur utilisation.

 

Perspectives post Coronavirus

Au vu de l’impact majeur de cette crise, il y a de grandes probabilités que les tendances évoquées précédemment se voient après celle-ci durablement confirmées. La place de la machine en renfort et en protection des êtres humains face aux menaces sanitaires et sécuritaires devrait se voir renforcée car les conditions technologiques, économiques et politiques de ce renforcement sont d’ores et déjà réunies.

 

 

 

Auteur : Stéphane Morelli
Compliance Officer & Public Affairs chez Azur Drones

 

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